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N°01

Sillage

Rétrospective des chantiers

et moments forts de 2025

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Margilic, un des 7 navires-école de Pilotine (reçu grâce à l’AJD en 2020) rencontre le Bel Espoir lors de l’Armada pour la Paix le 25 octobre 2025. © Gilles Martin-Raget

Édito

Que le sillage soit bon en cette année qui commence !

L’équipage de Pilotine – apprenants, encadrants, conseil d’administration… – vous adresse tous ses vœux pour une année 2026 pleine de grandes satisfactions, remplie de projets passionnants et du bon espoir d’y arriver ! 2025 a été pour nous une année encourageante, nous réunissons ici comme à notre habitude quelques moments forts. ​Embarquer à tour de rôle à bord du trois-mâts Bel Espoir en a été un grand ! C’est le projet même de reconstruction du Vileehi et sa navigation à travers un Erasmus méditerranéen ouvrier – écrit en 2022 et présenté aux rencontres méditerranéennes 2023 – qui nous a été offert devant chez nous cette année. Grand merci aux cousins de l’AJD Bretagne d’avoir amené ce Bel Espoir jusqu’en Méditerranée pendant 8 mois et à l’odyssée Med25 d’avoir mélangé encore un peu plus les équipages, avec les richesses de nos cinq rives. 13 salariés Pilotine – en insertion ou permanents – ont pu participer à l’aventure de port en port et sont revenus salés et sacrément encouragés dans leur travail quotidien. Remettre à l’eau Vileehi, pour faire vivre, au long cours, cette fraternité d’équipage, est ce travail. L’année qui s’achève aura d’ailleurs permis de continuer de reconstruire Vileehi, ce magnifique deux-mâts de 1930 renfloué à Port-Saint-Louis. Le travail sur la charpente axiale, le remplacement des membrures et l’installation d’un échafaudage tournant permettant un travail en toute sécurité, en ont été les avancées les plus spectaculaires. En 2025, plus de 50 apprenants sont passés par notre chantier et 70 % de nos salariés en insertion ont repris le chemin de l’emploi ou de la formation. L’essaimage du chantier à Port-Saint- Louis se prépare à accueillir des installations classées. Le terrain se clôture, une base vie atelier s’installe, et les premiers convoyages ont lieu : à la voile, au moteur ou en remorque... Tiboulen, Ti Ama, Captain Cap, Elan sont les premiers, avec chacun leur allure, en composite, en aluminium ou en bois, nous appelant à les faire revivre plus qu’à les recycler ! Tout cela est possible grâce aux participations de chacun, et petit à petit, ensemble, on voit bien que la mosaïque s’embellit. Alors un grand merci à nos soutiens, nos partenaires et nos amis qui nous permettent de continuer à former, insérer et mettre en œuvre des projets de transition juste : que le sillage soit bon pour tous en cette année qui commence !​ L’équipage Pilotine

Embarquer à bord duBel Espoir

Entre mars et octobre 2025, le Bel Espoir de l’AJD a sillonné la Méditerranée. À son bord, huit groupes de vingt-cinq jeunes de toutes nationalités, cultures et religions se sont engagés pour la paix. Quelle émotion pour Pilotine de voir partir ses équipiers - ouvriers et permanents - se former à la navigation et créer des amitiés avec des jeunes des cinq rives. Cette odyssée a permis d’incarner aujourd’hui ce que fera plus modestement notre deux-mâts Vileehi une fois remis à la mer.

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Carte de la Méditerranée réalisée par Elsa et Caspar Noyons pour l’odyssée Med25 Bel Espoir. ©Elsa et Caspar Noyons

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Élie dans la timonerie du Bel Espoir en mars 2025. De Barcelone à Tétouan. ©Yara El Khoury

Elie, salarié en insertion

Naviguer vers l’autre

« Pour établir un dialogue constructif, nous ne devons pas craindre l’inconnu. Au lieu de nous concentrer sur les différences, nous devrions les accepter et reconnaître ce que nous avons en

commun. Il s’agit de prendre le meilleur de nous-mêmes et de l’utiliser pour entrer en contact avec les autres. Cette expérience a été transformatrice, et je crois que beaucoup d’entre nous ressentent la même chose. Je vous remercie. »

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Brandon reçoit son certificat de formation à la paix remis par l’équipe Med25 lors de la session entre Palerme et Bizerte. © Lupe Belmonte

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Léna, Thibault, Noémie, Jean-Christophe, Raoul, Melvil, Carol, Manuel sur le roof du Bel Espoir entre Héraklion et Limassol.

Noémie, chargée de mission RH

La mer comme levier d’insertion

​« Embarquer à bord du Bel Espoir a été pour moi une expérience humaine profondément marquante. En tant que chargée de ressources humaines, partager une navigation d’une dizaine de jours avec des salariés en insertion m’a permis de vivre, de l’intérieur, la force du collectif et la richesse de ces parcours. La vie en mer crée un cadre à part. Elle oblige à ralentir, à se recentrer, à faire confiance aux autres comme à soi-même. J’ai vu des personnes reprendre confiance, se découvrir des capacités qu’elles ne soupçonnaient pas, s’autoriser à croire de nouveau en leurs compétences. Pour certaines, cette traversée a même fait naître de nouveaux projets, de nouvelles envies, comme un élan retrouvé. À bord, chacun a un rôle essentiel. Les manœuvres, les quarts, l’entraide quotidienne rappellent que l’on avance ensemble, malgré la fatigue ou les doutes. Cette expérience m’a permis de porter un regard encore plus juste et plus humain sur les parcours d’insertion que nous accompagnons. Je suis revenue de cette aventure convaincue que la mer est un formidable levier de confiance, d’espoir et de valorisation pour ces publics. Une traversée qui donne du sens, ouvre des perspectives et renforce l’envie d’avancer, ensemble. »

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Thérèse et Rémy accompagnés d’une partie de la session 8 représentant une vingtaine de pays du pourtour méditerranéen. Entre Naples et Marseille. © Evan Demicoli.

Med 25 Bel Espoir

Le pape Léon à bord
du Bel Espoir !

Le 17 octobre dernier, le Bel Espoir a reçu une visite inattendue entre Naples et Marseille. Au port d’Ostie, le pape Léon est venu partager un goûter avec l’équipage ! Pilotine était représentée par Thérèse & Rémy, les cofondateurs de notre chantier. Nous avons pu lui présenter le chantier naval d’insertion Pilotine, notre projet de reconstruction du Vileehi et lui avons donné rendez- vous dans 3 ans à bord de notre navire- école ! Merci à l’odyssée Med25 Bel Espoir de nous avoir permis de vivre cette expérience inoubliable.

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À Ostie, le pape Léon est venu partager un goûter avec l'équipage du Bel Espoir et écouter le témoignage de cette odyssée pour la paix. © Evan Demicoli.

« Puisse votre génération, et beaucoup d’autres jeunes comme vous, continuer à promouvoir ce type d’initiative, qui contribuera réellement à promouvoir la paix dans le monde entier. »

Pape Léon

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Margilic rencontre le Bel Espoir lors de l’Armada pour la Paix le 25 octobre 2025. © Gilles Martin-Raget

Med 25 Bel Espoir

Une Armada pour la Paix

Le 25 octobre, après huit mois de navigation en Méditerranée, le Bel Espoir a terminé son odyssée à Marseille ! Pour l’accueillir, une Armada pour la Paix et un festival étaient

organisés au Mucem. Pilotine est fière d’avoir participé activement à cet événement en accueillant une délégation Med25 sur son chantier, en naviguant au sein de l’Armada pour la Paix avec son navire-école Margilic et en animant un atelier de fabrication de voilier pour les plus jeunes sur l’esplanade du Mucem.

Reconstruire un deux-mâts de 1930

En 2020, nous rêvions d’un navire qui sillonnerait la Méditerranée avec, à son bord, des ouvriers en formation et des personnes de tous les horizons. Aujourd’hui, plus convaincus que jamais, nous poursuivons ce rêve : remettre le Vileehi à l’eau pour que le plus grand nombre puisse vivre cette aventure qui relie et transforme.

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Le bordé 8 bis tribord de Vileehi dans les mains de Djemaï, Yoann et Vasile. © Transdev

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Travail en confinement dans la coque du Vileehi © Sigrun Sauerzapfe aka SIGGI

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Le pont du Vileehi à l’automne 2025. © Raoul Tranchot

Vileehi

Un tournant décisif dans sa renaissance.

Le Vileehi s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de transformation. Après les premières étapes de mise à nu de la structure et les travaux sur la charpente axiale, la remotorisation du navire, les aménagements intérieurs puis la ré-installation du gréement vont marquer un tournant décisif dans sa renaissance. Chaque étape est une avancée vers le retour à la mer de ce voilier, pensé comme un outil d’insertion, de formation et d’expérimentation collective.

 

Merci au soutien déterminant de la Fondation CMA CGM, du Fonds d’Intervention Maritime et du ministère de la Transition Écologique, spécifiquement dédié à la rénovation du Vileehi. Ces soutiens stratégiques permettent d’adosser la réhabilitation du navire à un parcours complet d’insertion, de formation et de navigation à destination de personnes éloignées de l’emploi ou des métiers maritimes.

Vileehi

Construction d'échafaudages

Afin de pouvoir poursuivre la réfection des membrures hautes puis des bordés, Kamel, encadrant charpentier de marine et planificateur, a dessiné les plans d’un échafaudage tournant autour de la coque sécurisé et fonctionnel. Il a été finalisé en milieu d’année 2025.

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Accueil d’un groupe du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) dans le cadre de l’action d’insertion Sport dans la ville.

Carole, salariée en insertion

Un second souffle

« J’ai vécu plus d’une année en grande difficulté pourtant, j’étais comme la majorité d’entre nous... j’avais un job, un compagnon, un appartement puis tout a basculé. Un accident de parcours, un virage de vie qui m’a conduit à l’association Pilotine. Ma rencontre avec Rémy a été déterminante, j’ai pu prendre appui sur mes compétences d’électricienne en m’ouvrant à d’autres horizons... les métiers de la mer. Je me suis sentie respectée dans ma singularité en lien avec le collectif de l’association. De ma solitude, je suis parvenue à reprendre confiance en mes compétences et mon rôle au sein de cette équipe. L’association m’a apporté une cerise sur le gâteau en m’offrant l’opportunité, ainsi qu’à 7 autres collègues de naviguer sur un vieux gréement de 37 m. Cette aventure humaine à bord du Bel Espoir mêlant professionnels, jeunes en formation, passagers venus de parcours très divers a fait la force de notre voyage maritime. De la tête sous l’eau, j’ai repris un second souffle en me tournant vers l’avenir. Avec ma Dreamteam Pilotine, nous réfléchissons pour offrir des ressources aux femmes qui se retrouvent confrontées à des embûches de parcours similaires aux miennes ! Mes idées, mes envies fussent comme des étoiles filantes !!! Merci à tous. »

Véronique et Paulo (ancien capitaine de Vileehi de 1984 à 2000)

Une risée de nostalgie

« Vileehi, c’est pour moi l’histoire d’un bateau et celle d’une amitié, celle de Joseph dit « Jo », ébéniste qui y réalisa souvent des travaux et de son capitaine Jean-Paul dit « Paulo ». On sentait une risée de nostalgie quand ils en parlaient. La Pilotine redonne aussi vie à d’autres bateaux mais aussi un avenir et des ambitions à des jeunes. Dans un monde complexe, voir cette réussite se construire pas à pas est profondément réconfortant. »

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Vasile et Samuel travaillent sur les membrures de Vileehi. © Transdev

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En 1951, l’acteur américain Dana Andrews, alors propriétaire du Vileehi, accueille des enfants du foyer McKinley pour garçons, ainsi que dix livreurs de journaux de Los Angeles. © Dana Andrews Archives

Vileehi

Appel à participation

Nous souhaitons reconstituer l’histoire du Vileehi, de 1930 à aujourd’hui. Du chantier de San Diego (Californie) au Grand Port Maritime de Marseille, en passant par l’Australie et les îles du Pacifique, la Seconde Guerre mondiale, un célèbre acteur américain, la Yougoslavie, l’Angleterre et Port-Saint-Louis-du- Rhône. Si vous aimez les enquêtes, si vous connaissez des personnes en Californie, si vous avez du temps pour scanner des documents, déchiffrer des journaux de bord ou des plans de construction, si  vous souhaitez contacter les archives de la Navy, du Mystic Seaport Museum ou du fonds Dana Andrews, réaliser des interviews de marins ou d’ouvrier en lien avec le Vileehi, envoyez un e-mail à vileehi@associationpilotine.org

Accueillir à
Port-Saint-Louis

Après plusieurs années d’études de faisabilité, de recherches de financement et de démarches administratives, l’essaimage de notre chantier à Port-Saint-Louis-du-Rhône

se concrétise en 2025 avec la clôture du terrain, l’installation de bases-vie ateliers et l’accueil des premiers navires. C’est une expérience forte que de faire émerger de terre le chantier qui accueillera Vileehi lors de ses maintenances techniques annuelles sur le territoire même où il a été abandonné.

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Arrivée des premiers conteneurs sur le terrain de Port-Saint-Louis-du-Rhône en décembre 2025. © Sigrun Sauerzapfe aka SIGGI

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L’équipage affale la trinquette sur Elan à la fin du convoyage du Vieux-Port à Saumaty.

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Attinage de Ti Ama sur le chantier de Port-Saint-Louis- du-Rhône en décembre 2025.

Port-Saint-Louis-du-Rhône

L’essaimage de notre chantier se concrétise

Le chantier Pilotine de Port-Saint-Louis vise à répondre aux enjeux locaux d’insertion professionnelle et de transition écologique. Équipé pour traiter les navires à toutes les étapes de leur cycle de vie, y compris ceux en fin de vie, il intégrera des installations classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) pour développer une filière de réparation, recyclage et réemploi, une attente forte de l’éco-organisme dans le cadre de la Responsabilité Élargie des Producteurs.

 

À travers un chantier école accessible, des parcours de pré-qualification proposeront des activités concrètes pour traiter les navires en fin de vie mais surtout réparer plutôt que déconstruire, favorisant l’entrée progressive des publics éloignés de l’emploi dans les métiers de la mer et de la transition juste. Les 4 premiers navires ont été convoyés depuis différents ports de la région en passant par notre antenne de Saumaty pour un inventaire. Comme le montre le témoignage de la page suivante, chaque bateau arrive avec son histoire que Pilotine est fière de prolonger avec les idées et l’intelligence de ses équipages.

Maïlys, cheffe de projet essaimage

Un nouveau chapitre à Port-Saint-Louis

« J’ai rejoint Pilotine fin septembre pour participer à l’essaimage du chantier naval d’insertion à Port-Saint-Louis et depuis septembre, pas une semaine sans son lot d’aventures et de découvertes ! Développer un nouveau site à Port-Saint-Louis-du-Rhône, c’est se nourrir du savoir-faire du chantier marseillais tout en pensant un projet intégrant le cycle de vie du navire dans une Installation Classée pour la Protection de l’Environnement. Conceptualiser des plans à partir d’un terrain nu accompagnés d’experts en tout genre (architecte, bureau d’études, géomètre, conseillers environnementaux, bureau de contrôle, etc...), comprendre le fonctionnement et les enjeux de la filière recyclage et du réemploi, convaincre des financeurs publics et privés de nous accompagner dans ce nouveau chapitre, réfléchir à une montée en charge progressive de notre présence sur site, s’imprégner d’un nouveau territoire, la Camargue, entre le Rhône et la mer Méditerranée, avec ses essences propres à protéger et valoriser, et rencontrer de nouveaux voisins avec des histoires et des projets atypiques. Mais Port-Saint-Louis, c’est aussi très concrètement : débroussailler, nettoyer, marquer le sol des piquets pour matérialiser les plans, faire venir des conteneurs pour nous servir de base vie, écouter les récits des équipages convoyant les 1ers bateaux, etc... autant de véritables expéditions qui ramènent à chaque fois des souvenirs et permettent d’inventer ensemble. »

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Tiboulen, le premier navire à rejoindre le chantier de Port-Saint-Louis. © Sigrun Sauerzapfe aka SIGGI

« Il était une fois… un marin nommé Charles, un bateau nommé Tiboulen. Charles était marin dans l’âme, mais géomètre de profession: Mesurer la terre et parcourir les mers, autrement dit, arpenter terre et mer. Une profession et une passion. Délaissant mètre et niveau à bulle, c’est avec boussole et voiles qu’il «sortait» Tiboulen. Ces deux-là ont bourlingué pendant plus de 50 ans. La Méditerranée a vite été trop petite : ils s’en échappèrent, pour aller voir bien plus loin que Gibraltar ! Ce qui donna, sans souci de la chronologie : Les îles Canaries, la traversée de l’Atlantique, le tour du monde, un mouillage de plusieurs mois dans le port de Papeete, Tiboulen devenant maison, école pour les filles de Charles avec pour institutrice, sa femme. Et bien d’autres voyages... Il fallait bien rentrer... pour repartir naviguer de plus belle. Un jour, la mer a appelé Charles : il s’est assis devant elle, l’a regardée droit dans les yeux et Il l’a suivie. Tiboulen était un peu plus loin, dans la rade de Marseille, puis en cale sèche, ne naviguant plus. Mais pas abandonné. Il s’est produit, alors, comme un miracle: Tiboulen va rejoindre d’autres marins, confirmés ou non, maîtres d’apprentissage ou élèves, à L’Estaque, quasiment en face de l’Îlot Tiboulen des Îles du Frioul. Charles et Tiboulen, une belle traversée ! »

Texte écrit par la famille propriétaire de Tiboulen

Il était une fois un marin nommé Charles

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Sillage, rétrospective des chantiers et moments forts de 2025.

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